Pélagie GONTO, est la directrice générale adjointe de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI). À ouestmedia.ci qui l’a rencontrée, elle détaille la vision et les actions de l’institution pour doter chaque citoyen d’un identifiant unique. Entre digitalisation, opérations mobiles et sensibilisation, l’objectif est clair : enrôler plus de 22 millions d’Ivoiriens d’ici 2025 et garantir une souveraineté numérique solide.
Un registre pour tous : 22 millions de citoyens à enrôler
Depuis sa création en 2016, l’ONECI est au cœur de la mise en œuvre de la Politique Nationale de l’État Civil et de l’Identification. Mais le chantier reste colossal.
« Notre objectif est d’enrôler environ 30 millions de personnes, mais à ce jour, nous sommes à près de 8 millions.
Il nous reste donc un énorme travail pour intégrer plus de 22 millions de citoyens, y compris ceux vivant à l’étranger ou en zones reculées», explique Pélagie Gonto.
Derrière ce chiffre, un enjeu majeur : garantir à chaque citoyen une identité légale, gage de droits et d’accès aux services essentiels.
Des actions de proximité pour y arriver
Pour atteindre les coins les plus reculés, l’ONECI déploie une stratégie de proximité.
« La construction de directions régionales et l’organisation d’opérations mobiles d’enrôlement sont nos principales armes», souligne la DGA.
D’ici fin 2025, dix directions régionales viendront renforcer le maillage territorial.
Partout, des partenariats avec les élus, associations et leaders locaux facilitent la mobilisation communautaire.
Une identité numérique pour une Côte d’Ivoire connectée
Au-delà de l’enrôlement, l’ONECI a pris le virage de la digitalisation.
« Aujourd’hui, presque tout est dématérialisé », précise Pélagie Gonto.
Ce sont entre autres l’achat de timbres, vérification de l’identité par reconnaissance faciale ou empreinte, API sécurisées pour les banques.
L’institution se veut à la pointe de la technologie pour fiabiliser les données et lutter contre la fraude.
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Pour les citoyens, cela signifie aussi plus de simplicité.
« La consultation du statut de la CNI et le retrait se font en ligne. Il faut pour cela se rendre sur https://identite.oneci.ci/nni ou dans nos centres d’enrôlement », invite la DGA.
Cartes non retirées, un paradoxe qui freine l’avancée
Si la production des cartes progresse, leur retrait reste un point noir.
« Des centaines de milliers de cartes attendent encore leur propriétaire.
C’est paradoxal, car pendant que certains se plaignent de lenteurs, d’autres ne viennent pas récupérer leurs pièces», regrette Gonto.
Elle invite donc « tous ceux qui se sont enrôlés à se rendre dans leur centre pour retirer leurs cartes».
Les étrangers aussi concernés
La mission de l’ONECI ne se limite pas aux nationaux. Les ressortissants de la CEDEAO et autres étrangers vivant en Côte d’Ivoire doivent eux aussi se faire identifier.
« Toute personne vivant sur le territoire au-delà de trois mois doit être en règle », rappelle la DGA.
Une carte de résident est délivrée, conformément au décret en vigueur, pour toute démarche administrative ou civile.
Un identifiant unique au cœur de la souveraineté
Derrière ce chantier, c’est toute une vision de l’État moderne qui se dessine.
« Notre mission est au cœur de la souveraineté et de la transformation numérique de l’État ivoirien», conclut Pélagie Gonto.
En dotant chaque citoyen d’un identifiant unique, la Côte d’Ivoire entend renforcer la transparence.
Elle vise aussi l’inclusion et l’accès aux droits pour tous. Un défi immense… mais crucial.
R A
OM – 7/25

















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